samedi 6 juin 2009

Un lat letton de laiton?


La Lettonie est aux abois. Le gouvernement du petit pays de 2 millions d'habitants ne trouve plus preneur pour sa dette de court terme; il n'a pas réussi à placer un seul titre lors des enchères de mercredi dernier. La crise à l'interbancaire letton s'approfondit, le taux avoisinant 20% vendredi (contre 16.8 la veille). La dévaluation du lat est peut-être une question de jours, et pourrait être de l'ordre de 30% (dixit WSJ). On sait que le taux de change de la monnaie lettone est fixe par rapport à l'Euro. Le gouvernement jure qu'il est intouchable. Les veilles de dévaluations dramatiques sont toujours riches de telles déclarations. Pas question bien sûr de passer à l'acte avant les élections au Parlement Européen.
Le sujet est brûlant malgré la taille réduite de l'économie en question. Une dévaluation pourrait provoquer une crise de confiance affectant l'ensemble des monnaies de l'est européen au taux fixé en Euros (Bulgarie, Lithuanie, Estonie). Les banques européennes ne sortiront pas immunes de cette nouvelle crise, exposées à la hauteur de 150 milliards de US$ en prêts. Simon Johnson nous offre un commentaire bref et acéré sur le sujet. Enfin n'oublions pas que la crise lettone est un test de la stratégie d'expansion à l'est de l'Union Européenne: que fera le riche ami européen quand l'économie d'un satellite financier implose?

vendredi 5 juin 2009

La douceur d'être banquier


Il est décidément doux d'être banquier aujourd'hui. Le contribuable garantit les pertes, l'état garantit les taux. Voyez braves gens la trajectoire de la courbe des taux US 2ans/10ans (courtoisie Zero Hedge, Budi n'a pas les moyens de se payer un Bloomberg). A ce rythme, il faut acheter des financières ...

mercredi 3 juin 2009

Cantor parle

Le CEO de Cantor, Matthews, interrogé par Bloomberg, nous livre une saine évaluation du moment actuel. La reprise boursière est fondée sur la liquidité: après deux très maigres années, les institutions financières ne peuvent se permettre de rater le train, si train il y a. En clair, même dans le doute on achète car on est assis sur des montagnes de cash, ce qui est fatal pour les profits. Mais les fondamentaux sont amers, et rien ne permet l'optimisme à moyen terme. La crise de l'immobilier commercial est annonçée pour 2010-2011, et l'immobilier résidentiel n'a pas touché le fond. C'est Cantor qui le dit, de son poste privilégié au centre des transactions financières US.

mardi 2 juin 2009

Pourquoi le revenu US se récupère


Bien vu Macro Man! Compliments de Budi. Le revenu des ménages US est en légère hausse, mais réfléchissons pourquoi. Pas la peine de commenter, la ligne bleue des transferts nets explique tout.

lundi 1 juin 2009

Le marché selon Hussman

Budi pense que John Hussman, manager du fond d'investissement éponyme, est un économiste sensé, et lit avec intérêt ses commentaires hebdomadaires. Discutant cette semaine les conséquences inflationnistes du sauvetage du système financier US orchestré par les autorités (conséquences à long terme, autrement dit un climat inflationniste de longue durée pourrait se mettre en place dans un délai de 2 ou 3 ans), Hussman nous livre les deux observations capitales qui doivent, selon Budi, orienter toute réflexion sur la situation actuelle des marchés. D'abord:
this bailout is not really a defense of the global financial system, as much as it is a defense of bank bondholders against any loss whatsoever, quickly orchestrated and sold to a confused public as the only option, when it is nothing of the sort.

Ensuite:
it is literally the most important fiscal and bureaucratic event that we are likely to observe in our lifetimes, and is very possibly the precursor to enormous future economic difficulties. You simply cannot have an economy lend out trillions of dollars in bad debt, and then make the lenders whole with public funds (while still facing a massive second wave of probable mortgage defaults) without destructive repercussions. There is very little chance, in my view, that the current downturn is over. We have enjoyed a nice reprieve – if over a trillion dollars in redistribution could not accomplish even a reprieve, it would be a surprise. It's clear that investors are hopeful that we can simply return to rich valuations, debt-financed economic expansion, and abnormal profit margins based on excessive leverage. From my perspective, this hope is as thin as those that we observed at the peak of the internet bubble, the housing bubble, and the profit margin peak of 2007.